Névralgie cervico-brachiale & douleur du bras · Paris 4

Névralgie cervico-brachiale (NCB) : pourquoi la douleur part du cou et descend dans le bras

Une douleur qui part de la nuque et descend dans l’épaule, le bras, l’avant-bras et parfois jusqu’aux doigts.

Des décharges électriques, des fourmillements, un engourdissement ou une douleur qui perturbe le sommeil.

Lorsque cette douleur suit le trajet d’une racine nerveuse cervicale, on parle de névralgie cervico-brachiale (NCB), parfois appelée « sciatique du bras ».

Si la douleur est ressentie dans le bras, son origine n’est pas nécessairement située à cet endroit. Pour comprendre ce qui se passe, il faut revenir à son trajet, aux circonstances de son apparition et aux structures anatomiques susceptibles d’être en cause.

Qu’est-ce que la névralgie cervico-brachiale ?

Au niveau cervical, la moelle épinière donne naissance à des racines nerveuses qui sortent de la colonne vertébrale entre les vertèbres. Les racines C5 à T1 participent à la formation du plexus brachial, un réseau nerveux qui assure l’innervation de l’épaule, du bras, de l’avant-bras et de la main.

Lorsqu’une racine nerveuse cervicale est irritée ou comprimée, la douleur et les troubles sensitifs peuvent être ressentis à distance de la zone où se trouve cette racine, selon son territoire d’innervation.

C’est ce mécanisme qui explique qu’une personne puisse ressentir une douleur jusque dans la main alors que le point de départ du problème se situe au niveau du cou.

La répartition des symptômes peut varier selon la racine concernée. L’examen clinique permet de mettre en relation le trajet de la douleur, les éventuels troubles sensitifs ou moteurs et les mouvements qui modifient les symptômes.

Les symptômes

Comment se manifeste-t-elle ?

La NCB peut prendre différentes formes. Les symptômes peuvent être associés ou apparaître isolément :

  • une douleur cervicale irradiant vers l’épaule et le bras
  • une douleur en décharge électrique ou en brûlure
  • une douleur plus profonde, parfois projetée vers l’omoplate
  • des fourmillements ou des engourdissements dans l’avant-bras ou la main
  • une diminution de la sensibilité dans certaines zones
  • une raideur ou une douleur lors des mouvements du cou
  • une diminution de la force dans le bras ou la main.

Le trajet de la douleur est particulièrement intéressant dans l’analyse clinique car il donne des indications sur la racine susceptible d’être impliquée.

Entretien médical et anamnèse avec Amandine Held, étiopathe au cabinet de Paris 4.

D’où vient cette douleur ?

C’est ici que l’analyse du motif prend toute son importance.

Une NCB traduit une souffrance d’une racine nerveuse cervicale, mais cette information ne suffit pas à déterminer pourquoi cette racine est irritée.

Plusieurs mécanismes peuvent être en cause. Parmi les plus fréquents figurent une hernie discale cervicale ou des modifications dégénératives pouvant réduire l’espace disponible autour de la racine nerveuse.

Dans ma pratique, je ne cherche donc pas uniquement à identifier l’endroit où la douleur est ressentie. Je cherche à comprendre quelle structure est en souffrance et ce qui peut expliquer cette souffrance sur le plan mécanique.

Je commence par vous interroger précisément sur votre douleur :

  • où a-t-elle commencé ?
  • depuis quand est-elle présente ?
  • dans quelles circonstances est-elle apparue ?
  • quel est son trajet exact ?
  • est-elle présente au repos ou pendant la nuit ?
  • certains mouvements la déclenchent-ils ou la modifient-ils ?
  • existe-t-il des fourmillements, une perte de sensibilité ou une diminution de force ?
  • d’autres douleurs sont-elles associées ?

Ces informations permettent ensuite de raisonner sur les structures anatomiques susceptibles d’être concernées.

La douleur constitue donc un signal d’orientation : elle indique où le problème s’exprime, sans nécessairement désigner à elle seule son origine.

Et une hernie discale ou de l’arthrose ?

Une hernie discale cervicale ou des remaniements liés à l’arthrose peuvent modifier les rapports anatomiques autour d’une racine nerveuse et participer à son irritation ou à sa compression.

Mais la présence d’une anomalie sur une imagerie ne suffit pas à elle seule à expliquer les symptômes. Des signes de dégénérescence cervicale sont fréquents chez des personnes qui ne présentent pourtant pas de douleur radiculaire.

C’est pourquoi les résultats d’une IRM ou d’un scanner doivent être mis en relation avec les symptômes et l’examen clinique.

→ Lire aussi : Hernie discale : ce qui provoque vraiment la douleur

Signaux d’alerte

Quand faut-il consulter un médecin rapidement ?

Une douleur cervicale irradiant dans le bras mérite une évaluation médicale rapide lorsqu’elle s’accompagne :

  • d’une perte de force importante ou progressive dans le bras ou la main
  • d’un trouble sensitif qui s’étend ou s’aggrave
  • de troubles neurologiques inhabituels
  • d’une douleur apparue brutalement après un traumatisme important
  • de fièvre ou d’une altération de l’état général
  • d’une douleur inhabituelle, constante ou rapidement progressive.

Certains symptômes peuvent également orienter vers une atteinte de la moelle épinière ou une autre cause qui nécessite une prise en charge médicale spécifique.

Dans ces situations, l’examen médical permet de déterminer si des examens complémentaires sont nécessaires. Selon le contexte, une IRM cervicale peut être indiquée en cas de symptômes persistants ou de déficit neurologique évolutif.

Si vous avez déjà réalisé une radiographie, une IRM, un scanner ou un autre examen, pensez à apporter vos résultats lors de la consultation.

Le rôle de l’étiopathie

L’étiopathie ne modifie pas une hernie discale, l’arthrose ou toute autre modification anatomique visible sur une imagerie.

En revanche, lorsqu’une composante mécanique associée relève de son champ d’action, l’étiopathe recherche les éléments susceptibles de participer au trouble et intervient manuellement sur les structures concernées.

Dans le cas d’une douleur cervico-brachiale, cela peut conduire à travailler sur certaines structures cervicales ou sur des éléments anatomiquement liés à la mécanique de la région, à condition que l’analyse clinique retrouve une indication à ce travail.

Le geste n’est donc pas déterminé uniquement par l’endroit où la personne a mal. Il découle du raisonnement établi à partir de l’interrogatoire et de l’examen clinique.

Questions fréquentes · Névralgie cervico-brachiale

Questions fréquentes

Pourquoi ai-je mal dans le bras alors que le problème vient du cou ?

Une racine nerveuse cervicale peut être irritée à son origine dans le cou, alors que la douleur est ressentie plus loin, dans l’épaule, le bras, l’avant-bras ou jusque dans les doigts.

Le trajet de la douleur correspond alors au territoire dans lequel cette racine nerveuse transmet ses informations. C’est ce qui explique qu’une douleur puisse être ressentie dans la main alors que la structure à l’origine du problème se situe au niveau cervical.

C’est pourquoi, face à une douleur dans le bras, l’analyse ne se limite pas à la zone douloureuse : le trajet du symptôme et les autres signes associés permettent de rechercher quelle structure peut être en souffrance.

Quelle est la différence entre une cervicalgie et une névralgie cervico-brachiale ?

Une cervicalgie correspond à une douleur située au niveau du cou, avec ou sans irradiation.

Dans une névralgie cervico-brachiale, la douleur s’étend dans le membre supérieur selon le trajet de la racine nerveuse cervicale touchée. Elle peut s’accompagner de fourmillements, d’un engourdissement, et dans certains cas d’une diminution de la force.

La distinction repose donc sur le trajet de la douleur et sur les signes neurologiques éventuellement associés.

Une névralgie cervico-brachiale donne-t-elle forcément des fourmillements ?

Non. Une NCB se manifeste principalement par une douleur irradiant dans le bras. Des fourmillements, un engourdissement ou une modification de la sensibilité peuvent être présents, mais ils ne sont pas systématiques.

C’est pourquoi l’interrogatoire recherche précisément la nature de la douleur, son trajet et les éventuels symptômes sensitifs ou moteurs associés.

Une hernie cervicale provoque-t-elle forcément une névralgie cervico-brachiale ?

Non. Plusieurs tableaux sont à distinguer.

Vous pouvez avoir une hernie discale qui vient réduire l’espace disponible autour d’une racine nerveuse ou venir directement à son contact et être responsable d’une douleur cervico-brachiale. Mais la présence d’une hernie à l’imagerie ne signifie pas nécessairement qu’elle est responsable des symptômes.

Vous pouvez avoir une hernie venant contraindre une racine nerveuse et n’avoir aucun phénomène douloureux sur cette racine mais avoir des douleurs sur une autre racine nerveuse qui elle n’est contrainte par aucune hernie.

Vous pouvez avoir une anomalie discale et ne ressentir absolument aucune douleur.

C’est pourquoi une IRM ou un scanner doit être interprété en fonction des symptômes et de l’examen clinique, et non isolément.

Une névralgie cervico-brachiale peut-elle disparaître toute seule ?

Oui, une amélioration spontanée est possible. Certaines NCB évoluent favorablement en quelques semaines, tandis que d’autres peuvent persister plus longtemps.

L’évolution des symptômes est donc un élément important de l’analyse. Une douleur qui persiste, s’aggrave ou s’accompagne d’une diminution progressive de la force nécessite une évaluation de la situation.

Combien de temps dure une névralgie cervico-brachiale ?

Il n’existe pas de durée identique pour toutes les NCB. Certaines douleurs diminuent progressivement en quelques semaines, tandis que d’autres nécessitent un suivi plus long.

Plutôt que de fixer un délai à l’avance, il est plus pertinent de suivre l’évolution des symptômes et de réévaluer la situation lorsqu’elle ne correspond pas à l’évolution attendue.

Dois-je faire une IRM avant de consulter un étiopathe ?

Pas nécessairement. Une IRM n’est pas systématiquement réalisée dès l’apparition d’une douleur cervico-brachiale. L’interrogatoire et l’examen clinique permettent dans un premier temps de rechercher les éléments qui nécessitent un avis médical ou des examens complémentaires.

Une évaluation médicale est importante en cas de perte de force progressive, de signes évoquant une atteinte de la moelle épinière, de traumatisme important ou de signes généraux associés.

Si vous avez déjà réalisé une IRM, une radiographie ou un scanner, pensez à apporter vos résultats lors de la consultation.

L’étiopathie peut-elle prendre en charge une névralgie cervico-brachiale ?

L’étiopathie ne modifie pas une hernie discale, l’arthrose ou une autre modification anatomique visible à l’imagerie.

En revanche, lorsque l’analyse clinique met en évidence une composante mécanique relevant de son champ d’action, l’étiopathe peut intervenir manuellement sur les structures concernées.

La prise en charge n’est donc pas déterminée uniquement par le diagnostic de NCB. Elle dépend de ce que révèlent l’interrogatoire et l’examen clinique. Lorsque les symptômes nécessitent un avis médical ou une prise en charge complémentaire, une orientation adaptée est proposée.

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La douleur ne doit pas s’installer

Vous ne devez pas vous habituer à votre névralgie cervico-brachiale. Comprendre d’où elle vient réellement est souvent la première étape pour s’en libérer.

Amandine Held
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